L’Eau et la Vie par Elena

Elena est une amie rencontrée dans le nord du Québec à Matagami en 2014! Nos chemins s’étaient déjà croisés bien avant, mais c’est en plein cœur de la forêt Boréal que les liens se sont tissés.

Dans la vie, professionnellement ou amicalement, Elena conseille, encourage, accompagne, dis des mots qui réconfortent, elle ouvre les yeux sur les possibles et élargie les perspectives.

Nous avons beaucoup parlé avec Elena; du passé, du présent, du futur de l’ombre, de la lumière; des rencontres qui gonflent ou brisent, de l’engagement, des aspirations, des ambitions, de healing, de rite initiatique, de crise environnementale, de connaissance académique indispensables, du dernier livre lu, de la dernière conférence adorée, de la découverte de cette personnalité hors du commun dont les idées changeront le monde.

Ce matin-là au Lac-Etchemin chez elle où je passais une fin de semaine, elle m’a partagé cette jolie histoire, ce morceau de savoir que son sage Grand-Papa, surnommé Daddy, lui avait transmis alors qu’elle était encore une très jeune enfant.69277870_345259333085363_6464917033162113024_n

Le point de départ du récit avec ce Grand-Papa rendu maintenant au paradis est ce séjour passé il y a quelques temps sur une ferme d’Andalousie chez Cristina son amie. Là-bas les journées étaient pleines, simples et heureuses. Tout commençait par quelques figues bien juteuses du jardin, suivi de quelques légumes donnés par un voisin, puis une marche dans le village au pied de la montagne qui déversait l’eau de son ventre par la source du village.

Tout partait de là. La vie de toute la région partait de cette source qu’Hélène buvait en confiance à grosse lampée pour éponger sa soif, hydrater ses cellules. Tout le territoire était tissé sur cette source d’eau, les plantations, les familles et toutes ses relations qui en découlaient. Cette source c’était la vie. La légende dit qu’en 1651 il y avait eu une grande sécheresse et qu’un jour la Vierge de Gador est apparue. Dès lors, l’eau n’a plus jamais manqué sur ce petit territoire. Une eau dont tout le village s’accorde à dire qu’elle nourrit les âmes et guérit les corps. On parcourt des kilomètres pour s’en procurer.Elena Paz

En une gorgée d’eau pure, tout lui est revenu. Mini Elena et Daddy dans les années 90, en plein cœur d’une forêt généreuse dans une petite cabane de bois.

Daddy était un original. D’habitude fort loquace, il ne parlait pas beaucoup quand il était au chalet. Lui ce qu’il aimait c’était observer sa terre, faire du feu dans son poêle à bois, respirer l’humidité et recommencer.

Un jour il était seul avec Elena. Il savait qu’elle était une enfant un peu différente sans doute un peu comme lui; ben cute, mais sauvage pareil. Alors il se permettait de lui montrer ce qu’il ne montrait pas aux autres. Ce jour-là, il prit une petite boite de thon et il alla à quelques pas du chalet là où il y avait une famille de chats sauvages. Ils étaient étranges avec leurs poils en pointes sur les oreilles et leurs airs agressifs tout en mangeant de la canne.

Après avoir tout dégusté, ils partirent. Grand-Papa et Elena décidèrent de les suivre. De fil en aiguille en marchant sur un petit chemin ils arrivèrent à une source. C’est de celle-ci que l’eau de la montagne se déversait.  Cette eau nourrissait, hydratait, soignait toute la création et toutes les relations de ce coin de terre.

Alors Grand-Papa montra à Elena comment mettre ses petites mains en forme de récipient pour accueillir l’eau fraiche.
« Tu vois Elena, ça, c’est la vie. Bois la vie. »

Et Elena but en petite gorgée cette eau pure qui sortait du ventre de la mère de la Montagne.

C’est 25 ans plus tard, en buvant l’eau d’Andalousie, qu’Elena se rappela Daddy et la source et que chaque cellule de sa personne comprit la sagesse qui lui avait été transmise il y a si longtemps maintenant.

 

One Comments

  • Jean Gingras 03 / 02 / 2020 Reply

    Superbe

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