Être Zéro Déchet Curious

Anne – Ça y est, je crois que je suis Zéro déchet curious!

Sophie – C’est un coming out ?

Anne –  Oui! J’ai lu le livre de Béa Johnson « Zéro Déchet » dont tu me parlais. J’ai regardé aussi quelques blogs sur ce sujet. C’est vraiment drôle! Ce sont toutes des jeunes femmes qui portent ce mouvement. Des mutantes! Elles font tout « maison », le ketchup, la kombucha, elles allaitent des années leurs enfants, elles jardinent, sont impliquées, travaillent et surtout, s’engagent à ce que chacune de leurs actions ait le moins d’impact possible sur l’environnement.

Sophie – Rien que ça! Et ils sont où les hommes?

Anne – Ah bèh ils ne sont pas (en tout cas moins) présents sur les blogs qui traitent de ce sujet.
Bref, je ne sais pas jusqu’où je serai capable de rejoindre ces filles. Par contre, je crois bien qu’avec les actions concrètes qu’elles proposent, elles dessinent de nouveaux schémas, créent une nouvelle culture. Dedans, chaque individu est un maçon embauché à temps plein pour construire la société de demain. Les options qu’elles soutiennent sont des mises en pratique très concrètes de stratégies de développement durable plus globales. Tu sais, ces stratégies dont on parle à la télé avec beaucoup de conviction. Celles dont on a l’impression qu’en tant qu’individu, on est trop petit pour les influencer, parce qu’anyway : pas l’temps, pas l’argent et que seuls les autres plus gros, plus forts, peuvent faire de quoi. Finalement, ces filles nous suggèrent que nous, les individus, faisons aussi partie de la solution.

Sophie – C’est sweet tout ça, mais tes actions à toi c’est quoi Anne?

Anne – Alors, je viens de terminer une expérience de 6 semaines sur ma production de déchets alimentaires. Pendant 3 semaines j’ai fait mon épicerie sans prêter attention aux emballages. Suivi de 3 semaines en faisant attention, sans me priver ni mutiler mon budget, mais en privilégiant les produits en vrac et le fait maison.

Sophie – Et ton bilan?

Anne – Le bilan est simple. En faisant attention, j’ai diminué le volume et le poids de ma poubelle. Par contre, tendre vers le Zéro déchet comme les blogueuses que j’ai vu, où 1 mois de déchet = un mini bocal, avec dedans un papier de bonbon, de la soie dentaire et 2 élastiques usés ….  est un processus qui demande de la détermination et de la patience pour apprendre à intégrer ces habitudes dans le quotidien. Notre modèle de société n’est pas encore Zéro déchet friendly ou minimal waste oriented pantoute! Au contraire! Alors il faut sortir des sentiers battus, être Zéro déchet curious pour découvrir et créer sa logistique minimal waste.

Si je compare mes 2 poubelles de 3 semaines, le plus lourd est le verre (what a surprise!). Le plus volumineux, les emballages plastiques ou cartons des produits tout préparés (gâteaux, boîtes d’œufs, liqueurs etc..). J’ai réalisé que c’est vraiment facile, de ne pas utiliser, au grand jamais, de petits sacs plastiques à usage unique. Aussi il y a tout un tas de choses qu’on peut, diminuer sans retenue, facilement, comme les ziplocs, le papier d’aluminium, les essuies tout et c’est vraiment effortless. En plus, les $ économisés peuvent-être réinjectés dans une épicerie moins énergivore.

J’ai fait un tableau des gestes faits pendant mon expérience et que je pourrai facilement intégrer dans mon quotidien. Si je me tiens à cette liste, je pourrai épargner 18kg de déchets en un an.

Produits Matière Poids (gr) Total annuel estimé (gr)
Bouteille d’huile Verre 400 2400
Bouteille de vinaigre Verre 300 2100
Moutarde Verre 250 2000
Bouteille d’eau Verre 350 4200
Beurre de peanut Verre 360 2 160
Jus Carton 90 1180
Œufs Carton (Boite de 24) 50 1000
Sachets Plastique 5  780
Ziploc + essuies tout + Film plastique Plastique 700 2100
Total    2 505 17920

Sophie – Au Québec, 1 habitant produit environ 724 kg de déchets par an…. C’est maigre 18 kg…

Anne – Misère! Y’a du travail… ou un sérieux potentiel d’amélioration! Mais ne me décourage pas! C’est un début! Et c’est 18kg épargnés uniquement pour 1 personne par rapport à sa seule épicerie de bouffe. C’est facile d’élargir aux produits ménagers, au bureau et s’organiser un mode de vie plus minimal waste! Puis mon tableau est une liste de petites suggestions que je me fais à moi-même et qui me permet de prendre conscience que si je fais des efforts, il y a des répercussions.

Sophie – Mouais, je comprends ton point. Step by step. Qu’est-ce que tu as trouvé le plus dur?

Anne – En vrai, ma propre épicerie, c’est easy! Par contre, les soupers, les pique-niques à plusieurs, voir des partys…. C’est plus compliqué…

Sophie – Crois-tu que faire une épicerie Zéro déchet, va être la norme un jour?

Anne – Attends…. Je check ma boule de cristal…. Elle me dit que si il y a plus de consommateurs de produits en vrac notamment, il y aura plus d’offre. Du coup le minimal waste pourra devenir une norme, faire partie de notre culture.

D’ailleurs, du 15 au 23 octobre c’est la semaine québécoise de réduction des Déchets. Alors cette semaine let’s be Zéro déchet curious!

 

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