Cosmétiques

Jeune fille,  j’adorais les savons odorants, fraicheur agrumes, papaye etc… Il fallait en mettre tout plein, que ça mousse, pour ressembler à la jolie fille de la télé. Les déodorants, les meilleurs étaient les anti-transpirants protection 48h! Graal pour une collégienne des Antilles dont l’une des craintes était d’avoir des auréoles sous les bras. Il y avait aussi d’autres produits exaltants : les hydratants pour le visage, le corps, les mains; ceux contre les boutons d’acné (que je n’avais pas); les gommants pour désincruster une peau de 16 ans, les mousses à raser très parfumées, les produits apaisants après épilation, la lotion de corps rafraichissante et pour fixer le tout, le parfum. Tous ces produits,  dont l’odeur colle aux poumons, étaient associés au propre, au beau, au féminin et la santé.

Dans tout ça, j’ai une peau sensible qui a facilement mal, qui se dessèche et qui attire l’eczéma que seul un traitement local à la cortisone endormait. Un vieil oncle dermatologue a sonné une première alarme. En regardant ma peau un jour, il a détecté un teint bi-colore avec des granules sur mon visage et mes bras, que je pensais être de l’eczéma. Diagnostic : « Ta peau est dégueulasse ( il exagérait un peu ). C’est à cause de tous les produits pas chers que tu vois à la télé et que tu achètes goulûment. Si tu arrêtes immédiatement, ça te prendra entre 1 et 2 ans pour que ta peau se rétablisse entièrement ».  Il me référa à une marque de savon. Ma peau s’est rétablie en plus de 5 ans, période durant laquelle ma perception des produits que j’associais au propre, au beau, au féminin et aussi à la santé a évolué.

J’ai d’abord appris que les anti-transpirants sont cancérigènes, que transpirer est normal et sain. Les produits pour cheveux (shampoings, gels fixant, mousses coiffantes, revitalisants etc.), plus j’en mettais, moins je les supportais et plus j’avais des démangeaisons et de l’eczéma dans le fond du crâne. J’ai commencé à espacer leur utilisation et combiner avec des produits antipelliculaires traditionnels. Pour les savons, j’ai suivi les conseils de mon oncle, j’ai changé de marque et diminué la quantité d’utilisation. Puis un jour à Montréal j’ai suivi une formation sur le sabotage hormonal, donné par Lise Parent du Réseau des femmes en environnement. Deuxième sonnette d’alarme à impact immédiat. Cette formation m’a sensibilisé au fait que tout ce qu’on utilise (produits nettoyants corps, ménages, etc…) est composé de produits dérivés de la pétrochimie. Ces produits sont nuisibles pour la Terre on le sait, mais aussi pour notre chair. De plus, nous les femmes, nous en sommes particulièrement exposées car nous portons les enfants et transmettons la culture.

J’ai aussi réalisé que des alternatives existent, que personne ne nous oblige à utiliser de produits de mauvaise qualité et dans ces quantités. Que tout en faisant partie d’un système dans lequel ces produits sont la norme, il y a plein d’alternatives qui ne révolutionnent pas notre quotidien, ni notre mode de vie et qui sans être parfaites, ces alternatives sont peut-être un peu plus respectueuses de notre chair et notre Terre.

Résultat, je contrôle maintenant mon eczéma sans utiliser de cortisone, je n’ai plus de granules sur les bras. J’utilise moins de produits, de meilleur qualité et mon budget n’en n’est pas impacté. Surtout, je suis de plus en plus curieuse quant aux impacts qu’ont nos petits gestes quotidiens qui rythment nos vies et font partie de ce qui construit notre société.

Dans les prochains articles j’aimerais parler des entreprises qui se sont lancées dans l’aventure du cosmétique et du ménager engagé au Québec. Si vous voulez partager votre marque préférée québécoise, engagée, partagez!

One Comments

  • Marie-Laurence 21 / 10 / 2016 Reply

    Bravo pout ta démarche, la sagesse du tonton, et ta patience over 5 years pr laisser ton organe (oui la peau!) se refaire une santé!

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